Evaluation des entreprises et de la biodiversité
L’évaluation méthodologique des entreprises et de la biodiversité intervient à un moment où il est urgent de prendre des mesures pour enrayer et inverser la perte de biodiversité et où le rôle central des entreprises dans la création d’un changement en profondeur vers un avenir juste et durable est de plus en plus reconnu. Cette page présente les messages clés et les graphiques importants tirés du résumé à l'intention des décideurs (SPM) de cette évaluation. Actuellement, le SPM est disponible en anglais et en français ; une version allemande devrait suivre au cours du second semestre 2026.
- Aperçu de l’évaluation IPBES des entreprises et de la biodiversité: Les entreprises dépendent de la biodiversité et ont un impact sur celle-ci, ce qui crée des risques et des opportunités. Il existe des méthodes pour mesurer l’impact des entreprises et leurs relations de dépendance. Ces méthodes peuvent servir à éclairer la prise de décisions à tous les niveaux (portefeuille, entreprise, chaîne de valeur et opérations). Les entreprises, y compris les institutions financières, qui collaborent avec les pouvoirs publics, les acteurs financiers et d’autres acteurs (y compris la société civile, les peuples autochtones et les communautés locales), peuvent créer un environnement porteur. Cela peut se faire par des changements en matière de cadres politiques, juridiques et réglementaires (« politiques et lois »), de systèmes économiques et financiers (« économie et finance »), de valeurs sociales, de normes et de culture (« valeurs et normes »), de technologie et de données, ainsi que de capacités et de connaissances.Image : IPBES1/4
- La création d’un environnement porteur permettrait de faire concorder ce qui est bénéfique pour les entreprises et ce qui est bénéfique pour la biodiversité et les contributions de la nature aux populations. Les activités commerciales qui ont un impact sur la biodiversité sont influencées par les cadres politiques, juridiques et réglementaires, les systèmes économiques et financiers, les valeurs sociales, les normes et la culture, la technologie et les données, ainsi que les capacités et les connaissances. Les conditions actuelles entravent souvent les activités positives des entreprises tout en encourageant leurs activités négatives, ce qui a des conséquences néfastes pour la biodiversité. Les acteurs peuvent parvenir à surmonter les obstacles s’ils s’y s’attellent collectivement et individuellement.Image : IPBES2/4
- Conséquences de l’activité des entreprises sur la biodiversité et les contributions de la nature aux populations et dépendance des entreprises à leur égard. Les entreprises ont des effets qui peuvent être directs, indirects, liés à la chaîne de valeur ou cumulatifs. Les activités commerciales contribuent aux cinq facteurs de modification de la biodiversité. Leurs relations de dépendance peuvent être directes ou exister par voie de la chaîne de valeur et découler des contributions matérielles, régulatrices et immatérielles de la nature aux populations. Les risques peuvent être physiques, liés à la transition ou systémiques. Les opportunités pour les entreprises se traduisent notamment par de nouveaux produits, des gains d’efficacité et une résilience accrue. Les risques et les opportunités peuvent interagir et la gestion des risques peut créer des opportunités.Image : IPBES3/4
- Exemples des intersections entre impacts, relations de dépendance, risques et opportunités.Image : IPBES4/4
Les 10 messages clés du résumé à l'intention des déicdeurs (Summary for policy makers, SPM))

La biodiversité et les contributions de la nature aux populations sont au fondement de l’économie, de sorte que toutes les entreprises dépendent, directement ou indirectement, de la biodiversité. De 1820 à 2022, l’économie mondiale est passée de 1,18 à 130,11 milliards de dollars (en dollars constants de 2011). Les entreprises ont joué un rôle central dans cette croissance. Cependant, le fait de ne pas tenir compte de la nature et de ne pas intégrer ses valeurs dans les systèmes économiques et financiers a conduit à sa dégradation et à des taux sans précédent de perte de biodiversité et, en conséquence, à une modification des contributions de la nature aux populations, y compris les services écosystémiques, 14 des 18 catégories répertoriées affichant un déclin. Les avantages pour les populations et le déclin de la biodiversité se sont répartis de manière inégale entre les pays et au sein de ceux-ci8. Le déclin de la biodiversité et des contributions de la nature aux populations fait désormais peser des risques systémiques critiques sur l’économie, la stabilité financière et le bien-être humain, qui se répercutent sur les droits humains. Ces risques systémiques liés au déclin de la biodiversité soulignent l’urgence d’un changement radical. Cependant, les entreprises individuelles n’agissent souvent pas pour tenir compte des incidences, relations de dépendance, risques et opportunités qu’elles génèrent, en partie parce qu’elles y sont insuffisamment sensibilisées. Les entreprises présentent des différences selon leur taille, le secteur auquel elles appartiennent, leur structure et leur relation avec la biodiversité. Par conséquent, une action éclairée par les entreprises suppose que celles-ci disposent de connaissances spécifiques, adaptées au contexte et au secteur, sur les conséquences de leur activité et leurs relations de dépendance. En raison de leur grande influence et de leur capacité à agir rapidement lorsqu’elles sont motivées, informées et habilitées à le faire, les entreprises peuvent être actrices d’un changement positif.
Messages de présentation du contexte: {A1, A2, A4, A5, A6, A8, B7}
8Global trends have shown declines over the past 50 years for virtually all regulating contributions (habitat, pollination & seed dispersal, air quality regulation, climate regulation, water quantity & flow regulation, water quality regulation, soil formation & protection, hazard regulation and pest regulation) and non-material contributions (learning & inspiration, experience, identity, options), while some material contributions have shown increase (energy, food & feed, materials).
Bien que certaines entreprises prennent des mesures bénéfiques pour la biodiversité, des incitations inadaptées ou ayant des effets pervers perpétuent le statu quo et créent des obstacles pour les entreprises et autres acteurs qui prennent des mesures susceptibles d’enrayer et d’inverser la perte de biodiversité et de prendre en compte l’interdépendance de cette dernière avec les changements climatiques et la pollution. Les conditions dans lesquelles les entreprises opèrent varient et ne touchent pas tous les secteurs ou toutes les entreprises de la même manière. À l’heure actuelle, il n’existe pas de récompenses et de sanctions adaptées qui incitent les entreprises à prendre des mesures suffisantes en faveur de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité, ainsi que du partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles connexes. Les entreprises ne tiennent souvent pas compte des conséquences négatives de leur activité sur la biodiversité. De nombreuses politiques encouragent les activités commerciales néfastes pour la biodiversité ou empêchent les comportements qui lui sont bénéfiques. Ainsi, d’importantes subventions sont accordées en vue d’activités commerciales qui entraînent une perte de biodiversité, souvent sous la pression d’entreprises et d’associations professionnelles ayant des intérêts particuliers. En 2023, les flux financiers publics et privés mondiaux ayant des répercussions négatives directes sur la nature ont été estimés à 7 300 milliards de dollars, y compris des subventions publiques et des investissements privés néfastes pour l’environnement dans les secteurs à fort impact. Le financement privé représente environ les deux tiers de ce total (4 900 milliards de dollars). Les dépenses publiques consacrées aux subventions néfastes pour l’environnement s’élèvent à environ 2 400 milliards de dollars. En comparaison, en 2023, seuls 220 milliards de dollars environ de financements publics et privés ont été consacrés à des activités qui contribuent à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité. Ce point révèle le besoin d’aligner les flux financiers à l’appui 8 Les tendances mondiales ont montré qu’au cours des 50 dernières années, presque toutes les contributions régulatrices (habitat, pollinisation et dispersion des graines, régulation de la qualité de l’air, régulation du climat, régulation de la quantité et du débit de l’eau, régulation de la qualité de l’eau, formation et protection des sols, régulation des risques et régulation des parasites) et contributions immatérielles (apprentissage et inspiration, expérience, préservation de l’identité, maintien des options) avaient décliné, tandis que certaines contributions matérielles (énergie, alimentation humaine et animale, matériaux) avaient augmenté. 6Error! No text of specified style in document. de l’obtention de résultats en matière de biodiversité, ainsi que les possibilités en ce sens. Le manque de conformité des entreprises et l’insuffisance des efforts d’application des lois et règlements entrave la mise en œuvre efficace de ces derniers. De plus, la divulgation d’informations par les entreprises étant peu répandue et souvent volontaire, celles-ci ne sont généralement pas amenées à rendre des comptes. Les entreprises manquent souvent de données et de connaissances pour quantifier leur impact sur la biodiversité et leurs relations de dépendance à son égard et la plupart des publications scientifiques pertinentes ne leur sont pas destinées. Le manque de transparence tout au long des chaînes de valeur, notamment en ce qui concerne les risques et les opportunités liés à la durabilité de l’extraction, de l’utilisation et de la réutilisation des ressources et de la gestion des déchets, constitue un obstacle supplémentaire à la prise de mesures. De plus, les cycles écologiques, tels que la régénération des écosystèmes, ne cadrent pas avec les contraintes de temps qui pèsent sur la prise de décisions et avec les délais fixés en matière de retour sur investissement et de publication de résultats pour les entreprises, notamment pour ce qui concerne les résultats trimestriels.
Messages de présentation du contexte: {A1, A2, A3, A5, B7, B13, C8}

Dans un environnement porteur, les conditions et les mesures d’incitation dans le cadre desquelles fonctionnent les entreprises permettent d’aligner les intérêts de ces dernières avec ce qui est bénéfique pour la biodiversité et la société. La mise en place d’un environnement porteur suppose d’opérer des changements dans les domaines suivants : 1) cadres politiques, juridiques et réglementaires ; 2) systèmes économiques et financiers ; 3) valeurs sociales, normes et culture ; 4) technologies et données ; 5) capacités et connaissances (figure SPM.2 et tableau SPM.1). Pour ce faire, il convient d’accélérer la prise de mesures collectives par les pouvoirs publics, les acteurs financiers9 et les autres acteurs10, ainsi que les entreprises et les institutions financières elles-mêmes, et la collaboration à tous les niveaux entre toutes ces parties prenantes. Bien que la collaboration soit importante, les actions individuelles peuvent également contribuer à créer un environnement porteur.
Messages de présentation du contexte: {B1, B2, B3, B4, B5, B6, B7, B8, B12}
9 Dans le contexte de la présente évaluation, les « institutions financières » s’entendent des institutions qui fournissent des biens et des services financiers aux entreprises et aux particuliers sous forme de prêts, d’assurances et d’investissements, telles que les banques, les compagnies d’assurance, les propriétaires et gestionnaires d’actifs, les banques publiques de développement et les fonds d’investissement. Par ailleurs, dans la présente évaluation les « acteurs financiers » sont définis comme étant les banques centrales et les organismes de réglementation et de surveillance financières, ainsi que les institutions financières internationales et les organismes de normalisation en tant qu’institutions financières au sein du système financier au sens large.
Le « système financier » englobe à la fois les institutions financières et les acteurs financiers, ainsi que les cadres juridiques, les réglementations et les pratiques commerciales qui régissent les transactions financières.
10 Dans le contexte de la présente évaluation, les « autres acteurs » comprennent la société civile, les peuples autochtones et les communautés locales, les consommateur(rice)s, les organisations non gouvernementales, les organisations internationales et le milieu universitaire.

Il existe de nombreuses mesures que les entreprises, y compris les institutions financières, peuvent prendre dès maintenant pour favoriser à la fois leurs activités et la biodiversité (tableau SPM.2). Le niveau de responsabilité en matière d’action des entreprises individuelles est une décision de nature sociétale11 et peut être déterminé en fonction de l’ampleur de leur impact sur la biodiversité et les contributions de la nature aux populations, y compris les services écosystémiques, et de leur dépendance à leur égard. Il existe des méthodes pour mesurer à la fois l’impact et les relations de dépendance des entreprises (tableau SPM.5). L’impact des entreprises et leurs relations de dépendance peuvent être source de risques et d’opportunités pour elles. La compréhension et la gestion par les entreprises de leur impact et de leurs relations de dépendance peuvent leur permettre de réduire les risques et d’obtenir des résultats positifs, tant pour elles-mêmes que pour la biodiversité. Comprendre et gérer les impacts peut entraîner une modification des relations de dépendance des entreprises, et comprendre ces relations peut faciliter la prise de mesures visant à remédier aux impacts. Historiquement, la prise de mesures par les entreprises pour gérer les conséquences négatives de leur activité a principalement été motivée par la réglementation (figure SPM.3). Les entreprises, y compris les institutions financières, peuvent agir comme suit : a) mettre en place une gouvernance des entreprises et des cadres stratégiques afin de définir une orientation et de permettre la prise de mesures pour améliorer leurs résultats en matière de biodiversité dans l’ensemble de leurs activités, chaînes de valeur et portefeuilles ; b) appliquer des mesures dans le cadre de leurs activités afin d’obtenir des résultats positifs pour la biodiversité au niveau des sites et des paysages terrestres/marins, y compris selon la hiérarchie des mesures d’atténuation, afin que la priorité soit d’éviter les impacts et, ensuite, de les réduire au minimum, de les réparer et de les compenser ; c) appliquer des mesures au niveau de leur chaîne de valeur afin de tenir compte des conséquences de leur activité et de leurs relations de dépendance, de manière directe ou en exerçant une influence sur d’autres acteurs en amont (par une collaboration avec les fournisseurs) et en aval (par un dialogue avec les distributeurs, les détaillants et les consommateurs) ; d) dans le cas des institutions financières, réorienter leurs portefeuilles afin de se détourner des activités néfastes et de favoriser celles qui ont des répercussions positives. La prise de mesures à ces différents niveaux peut permettre aux entreprises de contribuer à créer un environnement porteur et inciter d’autres acteurs à améliorer leurs résultats en matière de biodiversité. Afin d’éviter le blanchiment écologique, il est essentiel que les entreprises élaborent des stratégies transparentes et crédibles fondées sur la compréhension des conséquences de leur activité et de leurs relations de dépendance et qu’elles présentent clairement des résultats vérifiables en matière de biodiversité (tableau SPM.2).
Messages de présentation du contexte: {A3, B7, B8, B9, B10, B11, B12, B13, C1}
11 Une « décision sociétale » est prise en lien avec les objectifs convenus à l’échelle mondiale et selon les contextes nationaux, y compris les politiques, lois et réglementations nationales.
Les données scientifiques qui permettent de comprendre et de mesurer les conséquences de l’activité des entreprises et leurs relations de dépendance sont déjà utilisées pour orienter les mesures prises par les entreprises. Certaines entreprises agissent déjà sur la base des méthodes, connaissances et données existantes et, à mesure que celles-ci s’améliorent, toutes les entreprises peuvent prendre des mesures supplémentaires. La manière dont les méthodes doivent être appliquées est mieux comprise pour l’évaluation des conséquences que pour l’évaluation des relations de dépendance. La disponibilité des méthodes de mesure et des données sous-jacentes varie selon le secteur d’activité, le domaine écologique et la juridiction. L’application et l’adoption des méthodes sont faibles et inégales entre les secteurs d’activité et en leur sein et varient selon les régions et les pays, ce qui reflète des différences en matière de disponibilité des données et de capacités techniques. Différentes communautés de connaissances proposent des méthodologies crédibles qui peuvent être appliquées dans divers contextes d’activité, chacune fournissant des approches distinctes pour traiter les conséquences et les relations de dépendance. De nombreux aspects de la biodiversité et des contributions de la nature aux populations peuvent être pertinents pour mesurer les conséquences et les relations de dépendance des entreprises, notamment aux niveaux des gènes, des espèces et des écosystèmes et compte tenu des divers avantages découlant des contributions de la nature aux populations. Les aspects à mesurer dépendent du contexte, du lieu et des mesures ou des décisions à prendre. Par conséquent, il sera souvent nécessaire de combiner plusieurs méthodes ou indicateurs, qui peuvent inclure des connaissances scientifiques et des savoirs autochtones et locaux, afin de saisir pleinement la biodiversité et les contributions de la nature aux populations.
Messages de présentation du contexte: {A5, B8, C1, C3}
Il n’existe pas de méthode unique adaptée à toutes les décisions des entreprises (tableau SPM.3). Il importe de disposer de méthodes et d’indicateurs divers selon les secteurs, les niveaux de prise de décisions et les objectifs de la mesure. Les décisions prises au niveau des opérations menées doivent se fonder sur des informations propres au site concerné. Les informations et données propres au site concerné générées par des approches ascendantes12 comprennent les observations fondées sur l’emplacement, la surveillance et la cartographie participatives et l’analyse spatiale tirée de ces sources de données. De telles approches peuvent utiliser des données et des indicateurs qui représentent les valeurs, connaissances, droits et intérêts locaux d’autres groupes, y compris les peuples autochtones et les communautés locales. Les approches ascendantes peuvent offrir une plus grande précision à l’échelle locale et montrer la façon dont les résultats évoluent en fonction des mesures ou activités concrètes mises en œuvre sur le terrain. Les effets cumulatifs, qui découlent des conséquences agrégées de l’activité des entreprises et d’autres acteurs dans un lieu donné au fil du temps, pourront être mieux évalués en ciblant une zone donnée, telle qu’un site ou un paysage terrestre ou marin, plutôt qu’une entreprise en particulier. Les méthodes descendantes13 comprennent les approches fondées sur le cycle de vie et les modèles économiques environnementaux à grande échelle adaptés à la prise de décisions au niveau des portefeuilles, de l’entreprise et de la chaîne de valeur. Selon l’objectif de la mesure, elles peuvent être menées au moyen de données à plus faible résolution spatiale mais à plus grande échelle géographique. Les décisions prises au niveau des portefeuilles peuvent être guidées par des méthodes comparables à l’échelle mondiale lorsqu’il existe une résolution suffisante au sein des secteurs (par exemple, par l’établissement d’une distinction en fonction de la zone géographique ou du type de produit). Les décisions prises au niveau des entreprises peuvent être éclairées par des méthodes qui utilisent des informations propres à l’entreprise concernée. Les décisions prises au niveau des chaînes de valeur peuvent s’appuyer sur des approches fondées sur le cycle de vie qui évaluent l’impact potentiel de la chaîne de valeur, sachant qu’elles sont moins pertinentes pour évaluer les relations de dépendance. Les méthodes descendantes permettent d’évaluer l’impact potentiel et les relations de dépendance et éclairent les décisions telles que la sélection et la comparaison des options. Toutefois, ces méthodes peuvent réduire la capacité à suivre les progrès résultant de mesures spécifiques des entreprises. Souvent, les approches descendantes qui utilisent des données à faible résolution ne reflètent pas les valeurs écologiques locales et sont moins à même de représenter les diverses valeurs de la nature, y compris les valeurs et les intérêts des peuples autochtones et des communautés locales. En raison de ces faiblesses, un domaine important du développement futur des approches descendantes pourra consister à utiliser des données spatiales et temporelles à plus haute résolution et à mieux intégrer les diverses valeurs de la nature, afin de comprendre les relations de dépendance, les impacts, les risques et les opportunités.
Messages de présentation du contexte: {A8, B8, C1, C2, C4, C7}
12 Les méthodes ascendantes s’appuient sur des observations menées au niveau d’un site, d’une espèce ou d’actifs et visent à mesurer la biodiversité à partir du terrain. Elles se distinguent par une grande précision et une couverture restreinte.
13 Les méthodes descendantes s’appuient sur des signaux agrégés au niveau du système (par exemple, le secteur ou la région) et en déduisent les résultats ou pressions qui s’exercent sur la biodiversité. Elles se distinguent par une large couverture et une faible précision.
L’adaptation à la finalité des méthodes peut être évaluée en fonction de trois grandes caractéristiques : couverture, précision et réactivité. La couverture fait référence à la fois à l’échelle géographique et à l’étendue des conséquences et des relations de dépendance prises en considération. Pour être adaptée à la finalité, une méthode ou une combinaison de méthodes doit couvrir les conséquences et les relations de dépendance pertinentes au regard des activités d’une entreprise, ainsi que l’échelle géographique y correspondant. La précision est la mesure dans laquelle les résultats décrivent correctement ce qu’ils sont censés mesurer. La précision requise pour qu’une méthode soit considérée comme adaptée à la finalité varie en fonction du niveau auquel est prise la décision et de l’objectif de la mesure. La réactivité désigne la capacité de la méthode à détecter les changements imputables aux actions et activités de l’entreprise. Pour être adaptée à la finalité, une méthode doit établir un lien clair entre, d’une part, des changements affectant la biodiversité et les contributions de la nature aux populations et, d’autre part, certaines activités données. Les méthodes disponibles actuellement ne satisfont pas toujours à ces trois critères pour toutes les activités des entreprises. Lorsque les méthodes ne satisfont pas à ces critères, il se peut qu’elles ne soient pas tout à fait adaptées à la finalité. Cependant, elles peuvent tout de même fournir des informations utiles en fonction desquelles les entreprises peuvent prendre des mesures. Les entreprises doivent tenir compte de ces limitations. Par ailleurs, les méthodes font appel à différents niveaux de connaissances spécialisées, de ressources et de coûts, ce qui pose des difficultés particulières pour les petites et moyennes entreprises. Les entreprises peuvent, tout en ayant conscience des contraintes connexes, commencer à utiliser des méthodes et améliorer leurs capacités au fil du temps.
Messages de présentation du contexte: {C1, C2, C4}

La communauté scientifique, les peuples autochtones et communautés locales et les entreprises disposent de données et de connaissances sur l’impact des entreprises et leurs relations de dépendance, mais ces données et connaissances sont souvent cloisonnées et ne sont pas prises en compte de manière efficace par les entreprises dans leur prise de décisions. Les publications scientifiques ne sont pas rédigées à l’intention des entreprises et l’absence de traduction de ces dernières et d’attention aux besoins des entreprises a ralenti l’adoption des conclusions scientifiques. Les entreprises comprennent souvent mal le rôle des peuples autochtones et des communautés locales en tant que gardiens de la biodiversité et détenteurs de connaissances relatives à sa conservation, sa restauration et son utilisation durable. Une meilleure compréhension pourrait améliorer la prise de décisions par les entreprises. Les peuples autochtones et les communautés locales sont souvent insuffisamment représentés dans les procédures de recherche et de prise de décisions. Cette situation affaiblit davantage leur voix et leurs contributions et peut empêcher les entreprises de tirer des enseignements de ces dernières. Cela pourrait avoir des répercussions sur la capacité des entreprises à se conformer aux mécanismes et approches en matière d’accès aux ressources et de partage des avantages découlant de leur utilisation. Bien qu’il existe des exemples d’intégration des connaissances autochtones et locales et des méthodes scientifiques, les entreprises ont trop peu d’expérience dans la collaboration avec les peuples autochtones et les communautés locales pour veiller à la représentation de leurs connaissances et à la prise en compte de leurs valeurs dans les décisions adoptées. Le devoir de précaution qui incombe aux entreprises comprend l’application de mécanismes de consentement, y compris le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones et des communautés locales, conformément à la législation nationale. Une collaboration structurée qui permette un échange et une meilleure utilisation des données et des informations, des connaissances scientifiques et des savoirs autochtones et locaux sur les conséquences de l’activité des entreprises et leurs relations de dépendance peut se traduire par une meilleure gestion des risques liés à ces activités et la concrétisation d’opportunités.
Messages de présentation du contexte: {A5, A7, B5, B6, B10, C3, C4, C7, C8}
Les entreprises peuvent agir dès maintenant sur la base des connaissances existantes, mais les connaissances et orientations actuelles présentent encore des lacunes. Le nombre limité d’estimations quantitatives, normalisées et comparables des conséquences des différentes activités des entreprises restreint les capacités de tous les acteurs à comprendre pleinement et à gérer efficacement ces activités. Ces lacunes empêchent en outre les institutions financières de choisir des investissements qui réduisent au minimum les conséquences négatives ou maximisent les répercussions positives. Le contexte, l’échelle et les besoins du secteur varient et il importe d’élaborer et de diffuser des approches méthodologiques cohérentes qui produisent des résultats précis, en particulier dans les contextes de prise de décisions pour lesquels il importe de disposer de capacités à comparer ou à agréger des données provenant de différents sites, chaînes de valeur ou entreprises. Les méthodes existantes n’ont pas encore permis d’établir de manière complète et comparable la responsabilité des conséquences dans tous les secteurs ou pour toutes les entreprises. La capacité des évaluations à éclairer la prise de décisions est entravée par leur intégration limitée à la comptabilité et aux procédures des entreprises. Les connaissances et leurs applications présentent des lacunes évidentes dans les domaines suivants : a) pertinence des données pour les entreprises ; b) accessibilité et transparence des données ; c) exhaustivité des preuves ; d) adoption des méthodes ; e) applicabilité des méthodes. Combler ces lacunes contribuerait à améliorer considérablement les capacités des entreprises à mesurer les conséquences de leurs activités et leurs relations de dépendance, ce qui se reflèterait sur leur compréhension des risques et des opportunités. Une meilleure compréhension pourrait contribuer à accélérer la prise de mesures qui profitent à la fois aux entreprises et à la biodiversité. Les mesures prioritaires pour combler les lacunes peuvent inclure les suivantes : a) Faciliter une meilleure adoption des méthodes et connaissances existantes par les entreprises et leur intégration dans les systèmes de comptabilité et de gestion des entreprises ; b) Collecter et échanger des informations comparables, y compris par l’intermédiaire de mécanismes de divulgation, sur les activités et les implantations des entreprises, leurs opérations et leurs chaînes de valeur ; 16Error! No text of specified style in document. c) Fournir des scénarios qui permettent d’évaluer les résultats au regard des objectifs et cibles convenus ; d) Fournir des conseils pratiques aux entreprises afin qu’elles puissent choisir les méthodes adaptées à leur contexte et à leurs besoins ; e) Formuler conjointement des mesures fondées sur des méthodes et des connaissances produites au moyen d’approches participatives qui associent les peuples autochtones et les communautés locales. Des informations facilement compréhensibles, normalisées, transparentes, interopérables, pratiques et exploitables constituent la base sur laquelle les entreprises et les institutions financières peuvent choisir des mesures bénéfiques pour la biodiversité et la société. Pour que la divulgation et la sensibilisation se traduisent par la prise de mesures éclairées dans l’ensemble de la société, il convient de disposer de connaissances spécifiques et adaptées au contexte sur les conséquences des activités économiques et les relations de dépendance à l’égard de la biodiversité et des contributions de la nature aux populations. Dans le cas des relations de dépendance, la divulgation obligatoire ou volontaire pourrait favoriser des avancées scientifiques qui permettent de mesurer avec précision les contributions immatérielles et régulatrices de la nature aux populations, lesquelles sont actuellement sous-représentées dans les outils et les approches. De telles contributions comprennent par exemple les loisirs, l’apprentissage et l’inspiration, la préservation des identités, la régulation des polluants, la régulation du climat et la pollinisation.
Messages de présentation du contexte: {A5, A7, B5, B6, B13, C3, C4, C5, C6, C7, C8}
Dans les conditions actuelles, ce qui est rentable pour les entreprises entraîne souvent une perte de biodiversité, tandis que ce qui est bon pour la biodiversité et la société n’est souvent pas considéré comme rentable. Les entreprises sont incitées à ne prendre en compte que les enjeux financiers, afin d’atteindre leurs objectifs à court terme et d’être rentables. Cela nuit à leur capacité à prendre des mesures qui visent l’obtention de résultats à long terme et ont des répercussions au niveau du système. Afin de remédier à ce problème, des efforts ont été déployés pour exiger des entreprises qu’elles tiennent compte de ce qui importe non seulement sur le plan financier mais également sur celui de la biodiversité et de la société. Bien que cela puisse inciter les entreprises et les institutions financières à prendre en compte plusieurs dimensions dans leurs décisions, cela perpétue néanmoins un système fondé sur l’idée d’un compromis entre rentabilité et biodiversité. La création d’un environnement porteur qui incite à conserver et à utiliser durablement la biodiversité et les contributions de la nature aux populations pourrait permettre d’aligner ce qui est rentable avec ce qui est bon pour la biodiversité et la société. Un tel environnement permettrait aux entreprises et aux institutions financières de devenir les actrices d’un changement positif qui contribue à effectuer la transition vers un système économique juste et durable, par la prise en compte de leurs impacts en matière de perte de biodiversité, de changements climatiques et de pollution, ceux-ci étant tous interdépendants.
Messages de présentation du contexte: {A8, B1, B2, B3, B4, B5, B6, B7, B8, B9, B10, B11, B12, B13}
Qu'est-ce qu'un SPM et comment puis-je le lire ?
Le « Summary for Policymakers » (SPM) est le résumé, validé au niveau politique, d'une évaluation de l'IPBES. Il présente les messages clés sous une forme condensée : les « Key Messages » (messages clés) résument les principaux résultats, tandis que les « Background Messages » (messages de fond) les développent plus en détail. Les messages clés renvoient ainsi aux messages de fond (e.g., {A1, A2}). Les messages de contexte contiennent des codes tels que {2.2.1}, qui renvoient à des sections spécifiques du rapport principal. Cela permet de naviguer du message clé à l’explication approfondie, puis aux preuves scientifiques détaillées.




